On y a cru ! Car après les chutes du Hollandais Zonderland et du Japonais Tomita, les petites erreurs commises par le champion du monde Hambuechen, la porte était grande ouverte pour Yann Cucherat, avant dernier concurrent à s'élancer dans cette grande finale.
Il espérait disputer ici à Pékin sa 3ème finale olympique aux barres parallèles mais c'est celle de la barre fixe qui s'était offerte à lui, suite aux qualifications. Et après les belles médailles obtenues par ces partenaires Benoit Caranobe et Thomas Bouhail, Yann ne pouvait être que surmotivé ! Avant dernier gymastes à se présenter il était idéalement bien placé, surtout que les passages de ses prédécesseurs n'avaient pas été parfaits. Et tout à bien commencer avec un superbe laché en kovacs vrille réalisé à la perfection. Yann tente ensuite le tout pour le tout, car il sait que pour décrocher une médaille il faut faire le max et partir sur la plus haute note possible, mais chute malheureusement sur une combinaison avec son kovacs. Tous ses espoirs de médaille s'envolent ici. Il termine son mouvement 'pour le sport', pour la 'beauté du geste' et se classe finalement 8ème. C'est le Chinois Zou Kai qui s'impose devant l'Américain Jonathan Horton et l'Allemand Fabian Hambuechen.
La réaction de Yann et de Thomas après cette finale : Yann Cucherat (des sanglots dans la voix) : « Les copains ont bien travaillé. C'est ce qu'on va retenir des Jeux. Personnellement, pour moi c'est un peu plus dur. Il y a eu beaucoup de travail, beaucoup d'investissement. J'ai travaillé avec ce rêve là pendant plusieurs mois, plusieurs années. J'ai essayé de rester concentré sur mon programme ces derniers jours pour être plus dans la réalité que dans le rêve et là je suis dans la réalité. Voilà. Je n'ai pas de regrets parce qu'on a travaillé dur et que quand j'ai levé le bras j'étais bien. J'ai bien débuté. Et puis il a suffit de quelques centimètres pour que tout s'écroule... Dans ma tête j'étais bien. J'ai eu des petits coups de pression ces derniers jours, mais j'ai essayé de gérer ça et je pense que je l'ai bien géré. C'est aussi ça les Jeux. C'est ce qui fait la beauté des Jeux : rien n'est acquis. Je commence à avoir l'habitude. (silence) Je vais le digérer. Comme les autres fois. C'est plus dur, parce que, à chaque fois, on se dit qu'il n'y aura peut-être pas d'autre chance, surtout quand ça fait déjà trois fois... Aujourd'hui, il y a trois heureux sur le podium et tant mieux pour eux. »
Thomas Bouhail : « Je suis vraiment déçu pour Yann. S'il y a bien quelqu'un qui méritait de remporter une médaille aux Jeux, c'était bien lui. En voyant la finale aux barres parallèles, on se dit que l'on aurait aussi aimé le voir là. Mais on ne va pas refaire les qualifications maintenant. C'est vraiment dommage. À la fixe, la médaille était accessible. En même temps, je pense qu'il ne s'arrêtera pas là et qu'il continuera pour réussir à atteindre son rêve. »
Dans les autres finales du jour, les Américaines Johnson et Liukin réalisent le doublé à la poutre devant la Chinoise Cheng Fei tandis qu'aux parallèles c'est encore une victoire chinoise avec Li Xiaopeng qui remporte l'or devant le Coréen Yoo Wonchul et l'Ouzbek Anton Fokin.
Malgré la déception du jour, ces jeux marqueront à jamais l'histoire de la Gymnatique française. Bravo à Benoit et Thomas et à tous les gymnastes des équipes de France !
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