Elle a encore son bouquet de fleurs en mains, mais pas encore réalisé ce qui lui arrive. Cassy vient pourtant de succéder au sol à la championne Française Ludivine Furnon, médaillée de bronze mondiale, il y a douze ans à Sabae (Japon). Une performance inédite qui « clôt magnifiquement bien » - dixit l’entraîneur national Yves Kieffer- ce beau parcours mondial de l’équipe de France féminine à Stuttgart. Mais si personne n’attendait la performance de la Nîmoise en terre nippone, celle de la jeune Lyonnaise, entraînée au Pôle de Saint-Étienne depuis six ans, était plus ou moins pressentie par le staff technique, et plus particulièrement par ses entraîneurs Ning Xiaolin et Cai Huanzong qui avaient durci son programme d’un double arrière tendu depuis les derniers Championnats d’Europe, où elle s’était déjà classée quatrième. Émue, Cassy nous décrit à chaud cette finale surprenante.
Comment avez-vous vécu cette première finale mondiale ?
Je ne m’attendais pas du tout à faire cette médaille mais plutôt à ce que la Chinoise Cheng Fei soit sur le podium. Mais vu qu’elle est sortie du praticable, je savais que j’avais toutes mes chances de mon côté et je me suis donnée à fond.
Aviez-vous observé la performance de vos adversaires ?
Je regardais sans trop regarder. J’essayais surtout de me concentrer en essayant de continuer à m’échauffer sur le côté. Mais je regardais quand même un peu. J’ai vu que plusieurs filles avaient fait des erreurs.
Avez-vous pensé à une médaille à ce moment-là ?
Je me disais que si je faisais un beau sol, je pouvais peut-être, oui, pourquoi pas, faire une médaille. Mais j’ai essayé de ne pas trop y penser.
A quel moment y avez-vous vraiment songé ?
A la fin de mon mouvement, lorsque je suis revenue à ma place. A ce moment, je me suis dis que je pouvais avoir plus de 15 points et que du coup je pouvais être aussi sur le podium.
Que ressentez-vous ?
Je suis super-contente. Ce sont mes premiers championnats du Monde. Je ne m’y attendais vraiment pas. C’est génial en vue des J.O., si je peux y participer. Ce n’est que le début de ma carrière.
Propos recueillis par Véronique Bury
Retrouvez la suite de l'interview de Cassy Vericel dans le numéro 298 dans le Gymnaste Magazine.