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Champion de septembre

Benoît Caranobe

Benoît Caranobe, un retour douloureux

Après deux saisons blanches, le double champion de France 2003-2004, Benoît Caranobe, a renoué avec la compétition nationale et internationale lors des France et du Tournoi de Lugano en Suisse. Il rêve, désormais, de retrouver sa place en équipe de France.


Bercy. Avril 2005. Dernière compétition de préparation avant les championnats d’Europe individuels. Un craquement en pleine croix de fer, l’épaule de Benoît lâche subitement. Dans les gradins, les spectateurs s’inquiètent. Le gymnaste de Noisy-le-Grand est à genou sur le tapis, la main sur son épaule. Un souvenir. « Je me rappelle encore parfaitement du bruit que cela a fait à ce moment là. Comme si on déchirait un pull, tout de suite j’ai su que c’était important. » Disjonction acromio-claviculaire de stade trois, une opération et six mois d’arrêt total. Un gouffre dans la vie d’un gymnaste. Depuis, il ne cesse de s’entraîner pour revenir à son meilleur niveau. En avril dernier, après deux saisons blanches, il a enfin fait son retour à la compétition lors des championnats de France individuels. Sans rafler de troisième titre national. « J’ai retrouvé mon niveau technique d’avant la blessure, mais en compétition, il faut être en pleine possession de ses moyens et avoir confiance en soi. Cela n’a pas été le cas et je termine 5e. » Même chose, quelques semaines plus tard, lors du Tournoi de Lugano, où même s’il termine à une honnête troisième place, il commet encore de petites erreurs. « Parfois, je me mets trop la pression », reconnaît-il d'un sourire discret, en haussant les épaules. C’est qu’au fil des années et des compétitions, ce gymnaste, au doux visage, a appris à se connaître et à se reconnaître.

Un titre mondial universitaire glané au saut en 2001

Déjà en 2002, il en était arrivé à la même conclusion. Assis sur un petit muret, en périphérie de la ville de Patras, en Grèce, la tête basse, il s’avouait alors déçu de ne pas avoir rempli son contrat pour sa première sélection dans le six majeur de l’équipe de France. Triste, il ruminait cette chute au sol et ces quelques dixièmes de point perdus, qui auraient pu faire grimper l’équipe de France sur ce podium européen (elle termina à 0,072 du 3e). « Ce n’est vraiment pas mon meilleur souvenir », lâche-t-il encore amer aujourd’hui. De sa carrière, Benoît préfère en effet évoquer son titre mondial universitaire au saut glané en 2001. « Cette victoire m’a vraiment décomplexé par rapport aux autres gymnastes, confie-t-il. A partir de ce moment, je me suis dit que c’était possible, que j’avais des capacités et qu’il fallait que j’arrête d’avoir peur… ». Formé au club de Noisy-le-Grand depuis ses cinq ans, il n’a en effet rejoint le Pôle de haut niveau de l’INSEP que tardivement, en 1996, après avoir passé une année à progresser avec Laurent Guelzec au sein de la structure de Fontainebleau. Une entrée tardive dans le haut niveau, à 16 ans, qui selon Laurent Barbieri explique le fait que Benoît soit un gymnaste qui « doute encore beaucoup et qu’il faut sans cesse rassurer. » Il a pourtant confirmé cette première victoire universitaire, dès 2002, en prenant la 5e place de la finale mondiale au saut. Puis, en 2003, en raflant à la surprise générale un premier titre de champion de France, prouvant qu’il fallait aussi et surtout compter avec lui comme un excellent généraliste.

Il s’empare d’un nouveau titre de champion de France en 2004

Malheureusement un problème à la cheville (excroissance osseuse) l’obligera à déclarer forfait peu de temps après pour les Mondiaux 2003, dont il a suivi la préparation. « Je savais que ce n’était pas grave, cela m’a permis de ne pas mal le vivre, de me faire opérer et de revenir plus motivé… ». 2004 le consacre enfin. Alors qu’il n’était pas sélectionné pour les championnats d’Europe, il s’empare d’un nouveau titre de champion de France au Mans et force le staff technique à revoir sa copie. « C’est sans doute la seule fois où il a explosé de la sorte, se souvient Laurent Barbieri. Cela a été comme un état de grâce. Il se sentait sûr de lui et cela l’a complètement libéré… » Dans la foulée, il grimpe donc sur la troisième marche des championnats d’Europe avec ses camarades de l’équipe de France et se sélectionne pour les J.O où il entre en finale du concours général. « Cela reste ma meilleure année, mes meilleurs souvenirs. J’étais vraiment en pleine possession de mes moyens, j’avais acquis le niveau que je voulais atteindre… même si au final, je reste quand même un peu déçu de mon concours général où je voulais m’approcher des 5 premiers et où je suis passé à côté (17e)».

Véronique Bury

Retrouvez la suite de l'interview de Benoît Caranobe dans le numéro 296 dans le Gymnaste Magazine.