C'était le 18 août 2008. Les sottevillais Thomas Bouhail et Danny Rodrigues étaient tous les deux en finale olympique à Pékin. A cette occasion, la commune et le club de gymnastique de Sotteville avait organisé un grand rassemblement de supporter. Récit de cette journée historique.
Lundi 18 août 2008, les Sottevillais Danny Rodrigues et Thomas Bouhail sont en finale olympique à Pékin. A des milliers de kilomètres de là, tous leurs supporters se sont réunis pour soutenir et fêter leurs champions. En effet, la ville et le club de Sotteville-lès-Rouen ont organisé pour l’occasion un grand rassemblement de supporters dans la mairie de la commune. Les finales sont programmées à 12H et à 13H. Tout le monde s’est afféré pour que cette journée soit inoubliable. Pancartes, affiches, banderoles et même t-shirts souvenirs ont été prévus, tout a été réuni pour que la fête soit totale. C’est Frantz Gaillard, l’entraineur des masculins à la Sottevillaise, qui a géré d’une main de maitre cette organisation. Les familles de Danny et Thomas sont bien sûr présentes, tout comme la grande majorité des gymnastes du club ainsi que Laurent Guelzec, entraineur de Danny à l’Insep. Mr Pierre Bourguignon, maire de Sotteville est également présent pour soutenir ses athlètes et souhaiter la bienvenue à tous les supporters.
A midi pile les lumières s’éteignent et la salle des fêtes de Sotteville fait silence. La finale des anneaux va débuter et Danny Rodrigues va bientôt faire son apparition, pour sa 1ère grande finale olympique. Laurent Guelzec, tout juste rentrer de Pékin, sait mieux que quiconque ce dont est capable son élève et même s’il a toute confiance en la préparation de Danny, le stresse l’envahit au fur et à mesure que les secondes s’égrainent. La salle observe attentivement les passages des autres concurrents et scrutent les éventuelles erreurs. Il est maintenant 12H15 à Paris, 18H15 à Pékin lorsque les caméras de télévision se braquent sur Danny. Après une vague déferlante d’encouragements, le silence s’empare de la salle et tout le monde retient son souffle. Danny démarre son mouvement. Il présente son ‘gros’ mouvement qui lui permet d’avoir la meilleure note de départ de l’ensemble des finalistes. Son ‘spécial’ passe à la perfection, tout se déroule très bien. Il ne manque plus que la sortie, en double avant carpé. C’est réussi mais la réception n’est pas parfaite, un grand pas en avant va le pénaliser de plusieurs dixièmes. On attend la note. 16.225pts et la 3ème place au classement provisoire. Les rêves de médaille s’envolent pour Danny et s’est déjà la déception que l’on peut lire dans les yeux de son entraineur et de toute sa famille. La finale des anneaux se termine. Danny est finalement 5e. Quelques minutes plus tard sa famille arrive à le joindre par téléphone. Il est extrêmement déçu.
Le temps de se restaurer un peu et il est déjà l’heure de se remettre en place pour la 2ème grande finale de la journée, celle du saut, où deux français sont en lice dont Thomas Bouhail. Tout le monde regagne sa place. Il est 13H, la compétition reprend. Le tirage au sort n’a pas été très favorable à Thomas qui doit s’élancer en seconde position. 2ème des qualifications, Thomas a une grosse carte à jouer dans cette finale d’autant plus qu’il n’était même pas titulaire de l’équipe de France avant le forfait de Pierre Yves Beny, c’est la chance de sa vie.
Le concurrent Russe vient d’en terminer avec ses 2 passages, c’est au tour de Thomas de se présenter. C’est l’euphorie dans la salle, tout le monde pousse derrière lui. Il s’élance. Premier saut en tsukahara double arrière carpé, c’est réussi ! La note sort, 16.575pts, c’est bien parti. Reste le deuxième à réussir, ce qu’il avait parfaitement fait lors des qualifications, une lune double avant groupé avec demi-tour. Il court, réalise parfaitement son envol, un tout petit sursaut à l’arrivée et c’est l’explosion de joie dans la salle. Il sert les poings, très satisfait de sa performance.
On attend avec impatience que le résultat tombe enfin. Une moyenne de 16.537 pts lui permet de prendre provisoirement la tête du classement. La salle jubile mais il faut encore attendre. Benoit Caranobe ne réussira pas à rééditer son exploit du concours général et lorsque le Roumain Marian Dragulescu s’écroule à la réception de son deuxième saut, tout le monde comprend dès lors que Thomas est assuré de décrocher une médaille. Elle sera d’argent, bien que sa note soit identique à celle du Polonais Blanik, départagé par une ‘stupide’ règle olympique. Mais qu’importe, Thomas est vice champion olympique. Tout le monde est en pleurs et observe avec attention les images émouvantes de son champion sur le podium olympique. Le téléphone n’arrête pas de sonner mais il est temps d’aller sabrer le champagne ! En attendant le retour du héros, famille, amis et supporters portent un toast à son exploit ! Bravo Thomas, tu es un grand champion !