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Jean-Luc Voyeux porté par les nageuses

N°301 - Quand la natation synchronisée se met à la Gymnastique Acrobatique

Depuis près de 4 années maintenant Jean-Luc Voyeux, l’un des entraîneurs (Pôle Espoirs de Bois-Colombes) les plus reconnus de la gymnastique acrobatique hexagonale, intervient au Pôle France de natation synchronisée à l’INSEP pour aider l’équipe nationale de ballet à développer les pyramides et lancers aquatiques, devenus indispensables pour se maintenir au meilleur niveau international.

Une évolution de fait de la natation synchronisée

En ce mardi de septembre, Jean-Luc Voyeux arrive vers 14h au stade nautique de l’INSEP, pour l’une des trois séances hebdomadaires qu’il anime au bénéfice de l’équipe de France senior de ballet de natation synchronisée. Est alors présente une petite partie des 8 jeunes femmes qui composent l’équipe de France et l’un des entraîneurs, Agnès Berthet. En ce début de saison, la séance est essentiellement axée sur le renforcement musculaire. « Nous sommes obligés car nos athlètes sont d’excellentes nageuses mais ne sont pas assez physiques pour travailler tout de suite des éléments acrobatiques tels que des porters », explique le kinésithérapeute, Christophe Cozzolino.

Le rapprochement de la Gymnastique Acrobatique et de la natation synchronisée découle d’une évolution de fait (et non d’une réforme du code de pointage, qui n’envisage pas la notation des porters en tant que tels): la valorisation des porters et des lancers par les juges en compétition, la sortie de l’eau et l’originalité du mouvement entrant en ligne de compte, ont favorisé le développement de ceux-ci. « Manquant de bases en matière acrobatique, nous nous sommes alors rapprochés de la gymnastique, puis de la Gymnastique Acrobatique, pour nous adapter et rester dans la course. » indique Agnès Berthet. « On m’a transmis la sollicitation de l’encadrement fédéral et je l’ai acceptée après observation de quelques unes de leurs séances. Travailler à sec, je connais, mais la dimension aquatique à intégrer constitue un défi que j’ai voulu les aider à relever. » précise Jean-Luc Voyeux. Et l’entraîneur chevronné de Gymnastique Acrobatique d’ajouter que la partie acrobatique elle-même l’a conduit à s’adapter : « Contrairement à la gym acro, les ballets de natation apprécient les formes hybrides dans les figures aériennes : des positions plus ou moins cambrées, « funs », sont recherchées et les arrivées dans l’eau en position assise ou sur le dos ne les gênent pas. A moi d’innover et de favoriser les meilleures réceptions possibles, les athlètes pouvant arriver de plus de deux mètres de haut dans certains lancers. ». Son rôle consiste également à leur apprendre les appuis tendus, pour faire des porters sur les mains, le gainage du corps pour les porters debout et enfin les saltos, avant et arrière, puis les vrilles.

« Tout est à inventer »

Si les prises dans les portées restent identiques à la gym acro (prises carrées, etc.), la notion de compression est à prendre en compte : le ballet doit rester le plus compressé possible sous l’eau pendant la phase ascendante, juste avant le lancer ou le porter de la voltigeuse, pour obtenir la plus grande puissance possible. La remontée s’opère en 8 temps, un tempo à bien respecter, « c’est là que tout se joue » indique Jean-Luc Voyeux. Rétropédalage puis ciseau pour remonter à la surface sont alors mobilisés. «Cela est bien maîtrisé en général, c’est leur boulot de nageuses. J’interviens essentiellement sur les formes basiques des pyramides, les directions prises par les saltos et autres acrobaties, pour les corriger.»

Damien Dorna

Suite de l'article dans le numéro n°301 janvier/février 2008 du Gymnaste.
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