N°310 - Rencontre avec Adriana Dunavska, entraîneur national de la Gymnastique Rythmique française
Le Gymnaste Magazine a rencontré la nouvelle entraîneur national de la Gymnastique Rythmique française, la Bulgare Adriana Dunavska. Il a profité de l'occasion pour parler de son nouveau défi en France.
Le Gymnaste Magazine : Vous venez d’arriver à Evry en tant qu’entraîneur. Vous allez être responsable de toute la GR en France. Comment vivez-vous ce nouveau défi ?
Adriana Dunavska : C'est une grande responsabilité évidemment et puis cela bouscule mes habitudes... Je ne connais pas bien le système, je rencontre des personnes qui attendent beaucoup de moi. En dehors de ça, je veux être sûre en permanence que tout va bien pour les filles... Mais c'est excitant, j'adore l'aventure. Je suis ravie !
Vous n’êtes donc pas rongée par la pression et le stress ?
Tout va bien ! Je suis loin de mon pays mais j'ai amené ma fille avec moi et mon mari est venu me rejoindre quelques jours. Cela permet de ne pas être coupée de tout et de sortir la tête de l’eau de temps en temps. Je vous avouerais d’ailleurs que ma plus grosse pression pour le moment, c’est que ma fille va a l'école française, cela me préoccupe beaucoup...
Que préférez-vous dans ce métier d'entraîneur?
Eh bien ! si je prends l'exemple actuel, ma venue en France, je dirais que ce que je préfère c'est faire progresser les filles, tout en mettant un point d'honneur à leur faire garder leur spécificité française. J'essaie de leur faire comprendre que c'est très important, qu’elles doivent garder leurs particularités, leur identité.
« Avoir été gymnaste m’aide à mieux comprendre les filles »
Quels sont vos meilleurs souvenirs ? Comme gymnaste d'abord, puis comme entraîneur...
En tant que gymnaste, mon meilleur souvenir restera sans aucun doute les Jeux de Séoul. Comme entraîneur, je choisis également des Jeux... ceux de Pékin. La différence entre les deux c'est qu'en tant que gymnaste, je ne sentais pas la responsabilité que j'avais en étant là, je n’étais absolument pas sous pression, y allant vraiment avec légèreté. À Pékin, par contre, en tant qu’entraîneur, j'avais énormément de stress, de pression, c'était dingue. (rires)
Quel est l’avantage, pour un entraîneur, d’avoir été gymnaste de haut niveau?
Peut-être que le fait d'avoir été gymnaste m’aide à mieux comprendre les filles, ce qu’elles vivent. La pression qui pèse sur leurs épaules parfois, leurs doutes, leur quotidien. Je les comprends bien, je crois...
Qu’est-ce qui vous a motivée à venir en France ? Comment cela s’est-il passé ?
Je travaillais en Bulgarie et j'étais en quelque sorte arrivée au top, pour moi ! J'avais donc envie d'autre chose, je voulais encore faire évoluer ma carrière. Et puis j'ai rencontré l'équipe de France et ils m'ont bien aimée je crois. La proposition de la France est arrivée au bon moment, au bon endroit. J’ai accepté, ils m'ont laissée aller jusqu'aux JO de Pékin avec la Bulgarie avant de les rejoindre, j'ai apprécié.
Comment a été l’accueil ?
Ils m'attendaient depuis un moment sans doute ! Alors ils étaient avant tout surpris que j’arrive. Comme je vous l’ai dit, je ne connais pas encore tout le monde, mais mon a priori est très, très positif...
« Il faut mettre l’accent sur la détection »
Quels sont les qualités et les défauts des gymnastes françaises par rapport à celles d’autres pays ?
Elles ont de bonnes qualités. Le problème c'est que le système dans lequel elles sont n'est pas exactement parfait, selon moi. La GR est une discipline exigeante, or les filles travaillent 4h à 5h par jour, ce qui n'est pas suffisant sur la base de deux sessions par jour.
Nadège Folliot
Suite de l'article dans le numéro n°310 (décembre 2008) du Gymnaste. Vous souhaitez recevoir le numéro 310 du Gymnaste Magazine et ainsi lire la suite de cet article? Pour vous abonner, cliquez ici.
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